LOIN DES YEUX

un film de Britta Rindelaub

Dans une prison suisse, quatre mères condamnées voient leurs enfants grandir loin d’elles.

Dans la Prison de la Tuilière, en Suisse romande, un peu plus de trente femmes cohabitent dans le secteur des condamnées. Privées de liberté pour vol, escroquerie, prostitution, trafic de drogue ou homicide, plus de la moitié de ces femmes ont un ou plusieurs enfants qui grandissent loin d’elles, chez une sœur, dans une famille d’accueil, ou plus loin encore, dans leur pays d’origine. Parmi elles, Kashka, Karima, Mirsada et Fatiha purgent des peines allant de quelques mois à plusieurs années. Malgré la séparation, ces quatre femmes restent les mères de leurs enfants et les voient grandir à distance. Certaines d’entre elles continuent même à les élever, à travers les appels téléphoniques quotidiens ou presque. Tout en l’appréhendant à travers la condition universelle de la maternité, le film décrit la condition des femmes incarcérées en Suisse et questionne en creux la problématique de la criminalité féminine.

In a Swiss Prison, four mothers serve out their sentences while their children grow up away from them.

At Tuilière Prison, thirty women are jailed together in the inmate section. Among them, Kashka, Karima, Mirsada and Fatiha are serving sentences that range from a couple of months to several years. These women are mothers whose children are being raised elsewhere, in the care of a sister-in-law, a foster family, or further even, by family members in their country of origin. Who are these women who've been sentenced to time in jail? By focusing on the bond between these mothers and their children, the film delves deep into the reality of being a woman inmate today in Switzerland.



PROCHAINES PROJECTIONS au Théâtre de Marens

le mardi 23 avril à 21h

le jeudi 25 avril à 16h

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DIRECTOR'S NOTE

En prison, la maternité reste un repère stable pour les femmes qui ont des enfants. Elle leur permet de maintenir une identité, quel que soit le délit ou le crime commis. L'absence de l'enfant est vécue comme une souffrance. Dans l’univers carcéral qui aménage et réglemente non seulement les faits et gestes, mais aussi les relations entre les êtres, j’ai voulu filmer au quotidien comment ces mères entretiennent une relation avec leurs enfants malgré la séparation physique, les barrières administratives, la stigmatisation sociale qu’inflige la prison. Entre honte et culpabilité, il ne reste parfois presque rien à ces femmes, pourtant, personne ne peut leur enlever ceci : la conscience d’être une mère.

In jail, for those women who have children, motherhood is something stable they can hang onto. It provides them with an identity, regardless of the crimes they've committed. The absence of their children causes them much suffering. In this universe every action and deed is heavily regimented, as is the case with the relationships between people, and I wanted to film on a day-to-day basis the manner in which these mothers maintain a contact with their children, despite the physical separation, the administrative hurdles and the social stigma that comes with prison. Torn between shame and guilt, there is often nothing left for these women, except for one thing no one can take from them: the knowledge that they’re mothers.

RÉALISATION BRITTA RINDELAUB  IMAGE MILIVOJ IVKOVIC / HEIDI HASSAN / PATRICK TRESCH / GREG PEDAT SON MASAKI HATSUI / CARLOS IBANEZ DIAZ  MONTAGE ANA ACOSTA  SOUND DESIGN PHILIPPE CIOMPI  MUSIQUE VINCENT HAENNI  PRODUCTION GENEVIEVE ROSSIER, ALVA FILM EN COPRODUCTION AVEC RADIO TELEVISION SUISSE ROMANDE   en partenariat avec le Département Cinéma/cinéma du réel de la Head – Genève  avec la participation de CINEFOROM et le soutien de l’Office Fédéral de la Culture (DFI) / LOTERIE ROMANDE / la Ville de Genève / RÉPUBLIQUE ET CANTON de Genève / le Fonds de Production télévisuelle Sàrl / la Fondation Ernst GÖhner / le Fonds Mécénat SIG / le Fonds D’ENCOURAGEMENT À l’EMPLOI DES Intermittents GENEVOIS